Lundi, je pars pour une journée complète de plongée. En effet, cet archipel des îles Calamianes est surtout réputé pour ses épaves de bateaux japonais qui furent coulés en septembre 1944 par des avions américains lors de la Guerre du Pacifique. Après quelques exercices en bord de plage avec mon instructeur américain (retrait du masque sous l'eau, retrait de l'arrivée d'air, etc...), je peux enfin plonger sur la 1ère épave du jour surnommée l' "East Tangat". Un tout petit poisson jaune hérisse sa crinière et vient m'affronter : tel un chien aboirait pour garder son domaine, ce poisson garde cette épave. Ce petit jeu avec moi dure bien plusieurs minutes. Pour ma seconde plongée, je fais la rencontre d'un lion fish et j'aperçois des nudibranches violettes collées sur le versant du bateau. L'épave de l' "Olympia", bateau cargo, est couchée sur le côté. Celle-ci est bien recouverte de corail et finit de ce fait par me faire oublier qu'il s'agit d'un bateau. D'autant plus que mon niveau de plongée étant toujours celui d'une débutante, je ne peux malheureusement pas aller trop profond ni pénétrer dans cette épave... C'est bien dommage, mais je suis contente malgré tout de tenter cette expérience inédite pour moi de plonger sur des épaves! Gros regret pour tous les plongeurs néanmoins : à cause des diverses pluies et typhons de ces derniers jours, la visibilité n'est qu'à 5m, ce qui nous empêche de profiter d'une vue d'ensemble des bateaux... Pour la dernière épave de cette sortie en mer, nous partons observer le "Lusong". Pour ma part, je me contente de l'approcher en faisant du snorkelling. En effet, celle-ci n'étant pas très profonde, on peut aisément en profiter avec seulement un masque et un tuba. Et finalement, c'est cette dernière épave qui me fascine le plus car la visibilté y est bien meilleure : on remarque bien qu'il s'agit d'un navire malgré les coraux magnifiques et variés qui se sont développés sur sa carcasse. Le retour en bateau est plutôt long (2h) et cahotique (ils doivent réparer la direction du bateau si l'on ne veut pas se retrouver à aborder sur une autre île!). Toutefois, des poissons-volants scintillent dans la nuit et accompagnent notre trajet, ce qui distrait notre attention... Après une bonne douche chaude bien méritée, je pars dîner avec mes compagnons de plongée, à savoir les deux Néerlandais, la Canadienne, ainsi qu'un Français avec sa copine Tchèque : voilà une fois de plus un joli mélange de nationalités autour de cette table, et c'est fort agréable!!!
Dès le réveil mardi matin, les nouvelles sont mauvaises car le second typhon est déjà là. Donc, non seulement ils annuleront probablement mon vol de l'après-midi tout comme ils ont dû annuler celui du matin, mais en plus toutes les sorties en mer sont de nouveau suspendues! Il n'y a donc rien de particulier à faire aujourd'hui, si ce n'est attendre de voir l'évolution de la météo... C'est du déjà-vécu! Vers midi, lorsque l'on me confirme l'annulation de mon vol, je croise les doigts pour que le typhon ne persiste pas : non pas que je sois pressée de quitter l'île (bien au contraire!), mais simplement car je dois absolument rejoindre demain Manille afin d'attraper mon avion pour Singapour! Mon voeu est exhaussé en fin d'après-midi lorsqu'on m'annonce que l'on me place dans un vol demain matin... Mais tant que je ne serai pas dans l'avion, je ne serai sûre de rien!
Mercredi, le ciel s'est calmé, et je peux effectivement attraper mon avion pour rejoindre la capitale philippine. Il s'agit une fois de plus d'un coucou de 19 places qui nous permettra en une heure d'arriver à destination. Durant ce vol je suis subjuguée par une multitude d'arcs-en-ciel. C'est comme une succession d'arches qui n'en finit plus : j'en vois un dans le hublot de derrière tandis qu'un second apparaît déjà dans le hublot de devant! C'est bien la première fois que j'ai l'occasion d'observer des arcs-en-ciel vus du ciel! Arrivée à Manille, c'est en vain que je cherche une consigne pour déposer mon gros sac de
voyage (c'est d'autant plus dur à cause des attentats à la bombe de ces derniers jours m'explique-t-on). C'est donc une journée entière que je vais passer dans cet aéroport bien vide de toutes boutiques, à attendre mon vol pour Singapour qui n'est prévu qu'en fin de journée! Tant pis, je squatte les sièges pour faire une bonne sieste! Après deux heures de vol, j'arrive sur Singapour à minuit passé. Heureusement, lors de mon premier passage dans cette ville je m'étais déjà rebooké mes nuits d'hôtel pour mon retour ici, ce qui m'évite de galérer avec une arrivée aussi tardive. Mon retour dans cette chambre d'hôtel, trois mois plus tard, me fait réaliser soudainement que la boucle est bouclée... Que de kilomètres parcourus lors de ce périple depuis que j'ai quitté cette ville!!! Mais ce n'est pas encore tout à fait fini. En effet, demain je profiterai encore une dernière journée de Singapour avant d'entamer mon grand retour en France...
Jeudi, le temps est au beau fixe, c'est donc une journée idéale pour me balader dans la ville. Je commence mon circuit en allant flâner vers le quartier d'Arab Street : j'y visite une très belle mosquée et erre dans les rues très jolies et agréables. Puis je poursuis en rejoignant Little India, quartier tout aussi plaisant. Après la traversée d'énormes centres commerciaux chinois, je redescends en direction du quartier des affaires afin d'aller observer le reflet des lumières dans la rivière à la tombée de la nuit. Le long des quais est paradoxalement très paisible. Je savoure une dernière fois l'atmosphère asiatiaque. Puis, après cette très longue journée d'errance dans cette ville immense, je rejoins enfin mon hôtel, car l'heure de faire mes bagages a tristement sonné...
Vendredi, je me lève à 4h du matin pour rejoindre l'aéroport. Une très longue journée de
voyage m'attend : 8h de vol jusqu'à Doha (au Qatar), et, après 3h d'escale, j'ai encore 7h d'avion pour rejoindre Paris... Dans ce deuxième trajet je suis assise à côté d'un vieux routard californien qui, malgré ses 71 ans, vient de barouder seul 2 mois en Inde! Il me sort son passeport tamponné d'une ribambelle de pays, ainsi que son journal de bord, tout écrit à la mano et complété des divers tickets d'entrées et brochures amassés lors de son périple! C'est très touchant, et cela me rappelle mon tout premier et unique journal de bord que j'avais écrit en Grèce il y a 23 ans... J'espère avoir encore à son âge l'énergie de voyager ainsi à travers le monde!... Pour mon arrivée à Roissy, mes parents sont là pour m'accueillir, fidèles au poste. Les manteaux d'hivers sont visiblement de rigueur, ça va être dur de se réacclimater! Le décalage horaire est de 7h de moins ici : je pense qu'il me faudra quelques jours pour me remettre dans le bon rythme! D'autant plus que je suis encore dans un autre monde dans ma tête : celui de mon voyage... Mais bon, il faudra bien reprendre le train-train quotidien, pas le choix! Une chose est sûre néanmoins : ce ne sera que pour mieux repartir!!! En effet, cette expérience de
voyage ne restera pas inédite et sera tôt ou tard renouvelée, j'en suis convaincue!!!
Leçon du jour :